Etude de Texte Les Contemplations de Hugo

Etude de Texte Les Contemplations de Hugo

Introduction

La poésie française présente des aspects bien différents tant du point de vue thématique que dans son écriture elle-même. Ces différences sont surtout liées à des pratiques d’école ou de courants littéraires. Rien que dans le XIXe siècle qui a vu naître le recueil qui fait l’objet de notre étude, plusieurs courants poétiques vont se côtoyer et chaque courant va apporter une touche nouvelle à l’écriture poétique. Il va s’en dire que le romantisme, l’un des tout premiers courants de ce siècle ne va pas échapper à cette tentative d’innovation de la poésie française. L’aspect nouveau le plus frappant et spécifique à ce courant est surtout l’introduction du lyrisme personnel dans la poésie. De tous les recueils de poèmes lyriques, le plus représentatif est Les contemplations de Victor Hugo.

Faire une étude sur Les contemplations de Victor Hugo en ce jour, peut sembler banal dans les milieux lettrés ; beaucoup de réflexions ayant déjà été faites dans ce domaine. Mais c’est ignorer la richesse de l’œuvre qui présente un intérêt toujours renaissant à chaque fois qu’on s’y penche. Ainsi en partant d’une présentation de la biographie et de la bibliographie du poète, nous étudierons les thèmes marquant en passant par une étude de la composition du recueil avant de terminer par une analyse sur le sens et la portée significative de l’œuvre.

1.  Biographie et bibliographie

Le 26 février 1802 naquit à Besançon, Victor-Marie HUGO fils de Sophie REBUCHET et de Léopold HUGO, qui, issu d’une lignée de cultivateurs et d’artisans lorrains, était officier dans l’armée napoléonienne où il allait s’élever par degrés au grade de général. La gloire militaire, avec ses accents d’épopée sous l’Empire, marqua son enfance. Sa mère, d’origine vendéenne et d’esprit voltairien, unissait à un déisme émancipé des convictions royalistes. Le régiment et la famille partent pour Marseille en avril. Fin novembre, Sophie part pour Paris, laissant à son mari les trois garçons. En 1803 À la fin de l’année, Sophie ramène ses enfants de l’île d’Elbe à Paris. En 1807, Voyage éclair de la famille à Naples. Léopold est au service du roi, Joseph Bonaparte.

En 1811 Sophie rejoint à Madrid son mari, toujours au service de Joseph, roi d’Espagne. La séparation des époux Hugo est définitive. Abel reste avec son père en 1812. En 1815 Léopold met Eugène et Victor à la pension Cordier. Ils y restent jusqu’en 1818. 1821 Mort de la mère. 1822 Publication des Odes et poésies diverses. Le 12octobre 1822, Victor Hugo épouse Adèle Foucher. Cinq enfants vont naître de ce mariage : Léopold (né et mort en 1823), Léopoldine (1824-1843) Charles (1826-1871), Victor, dit François-Victor (1828-1873) et Adèle (1830-1915).

1823 Publication de Han d’Islande. 1824 Nouvelles Odes. 1827 Cromwell. En 1828 Mort du général Hugo, père du poète. Le Dernier Jour d’un condamné est publié en 1829. En 1830 HUGO publie Hernani, en1831 Notre-Dame de Paris. Les Feuilles d’automne (premier des quatre recueils parus avant 1841) et en 1833 Lucrèce Borgia. Victor Hugo devient l’amant de Juliette Drouet, une jeune actrice. 1834 Littérature et philosophie mêlées. Premier long voyage avec Juliette, en Bretagne. En 1838, c’est la publication Ruy Blas. En 1841 Élection de HUGO à l’Académie française. En 1843 Mariage de Léopoldine Hugo. Voyage au Pays basque espagnol et dans les Pyrénées françaises. Victor Hugo apprend la mort de sa fille dans les journaux.

Hugo, nouvellement nommé pair de France, est pris en flagrant délit d’adultère avec Léonie Biard. Le scandale public épargne Juliette, qui ne sait rien. En1848 Élu à l’Assemblée constituante, Hugo défend la légalité pendant les journées insurrectionnelles de juin, combat les excès de la répression et soutient la candidature à la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte. En1849 Hugo est élu à l’Assemblée législative. En 1851 Victor Hugo s’est opposé depuis 1850 à la majorité réactionnaire de la Chambre et aux appétits impérialistes du président. Il résiste au Coup d’État du 2 décembre. Ayant échappé à l’arrestation, il se réfugie à Bruxelles. Juliette Drouet l’y rejoint. 1852 est l’année de publication Napoléon le Petit. Hugo quitte Bruxelles pour Jersey. En 1853 HUGO publie clandestinement les Châtiments.

Victor Hugo s’étant solidarisé avec une proclamation maladroite d’autres proscrits de Jersey est expulsé de l’île. Il s’établit à Guernesey et décide d’acheter une maison. 1856 Publication des Contemplations. 1862 Publication des Misérables.1864 William Shakespeare.1869 L’Homme qui rit. En1870 Hugo rentre à Paris le 5 septembre. La république a été proclamée la veille. 1871 Élu député de Paris, Hugo quitte la ville assiégée pour Bordeaux où siège l’Assemblée nationale. Il démissionne le 8 mars. 1874 publication de Quatre-vingt-treize. 1875 Parution des deux premiers volumes d’Actes et paroles. Le dernier paraît en 1876. 1876 Élection au Sénat. Hugo continue, en vain, sa lutte contre la peine de mort. 1877 Lutte contre un coup d’État qui se prépare. 1878 Victor Hugo est victime d’une congestion cérébrale. Dernier séjour à Guernesey.
1883 Mort de Juliette Drouet. 1885 Mort de Victor Hugo le 27 mai.

Etude de l’œuvre

Structure de l’œuvre

Dans une lettre à l’éditeur Hetzel du 31 mai 1855, Hugo définit la structure du livre comme une « grande pyramide ». Après avoir pensé à quatre sections (Ma jeunesse morte, Mon cœur mort, Ma fille morte, Ma patrie morte), il organise finalement son recueil en deux parties d’égales dimensions, Autrefois (87 pièces) qui s’étend de 1830 à 1843, et Aujourd’hui (69) qui va de 1843 à 1856. Ce diptyque est centré sur la mort de Léopoldine. Ces deux parties comportent chacune trois livres, chaque livre marquant une étape de ce cheminement.

Livre premier : Aurore. – C’est le livre de la jeunesse. Le poète évoque ses souvenirs de collège (A propos d’Horace), ses premiers émois amoureux (Lises), ses premières luttes littéraires (Réponse à un acte d’accusation). Il chante la beauté du printemps (vere novo) et la joie du rêveur devant un beau paysage (le poète s’en va dans les champs) ou un spectacle en plein air (La Fête chez Thérèse).

Livre II : L’âme en fleur: C’est le livre des Amours. Presque tous les poèmes sont inspirés par Juliette Drouet. Hugo conte les premiers temps de leur union, leurs promenades en forêt de Fontainebleau ou dans la Vallée de Bièvre, leurs joies, leurs extases ; et aussi les épreuves vécues en commun, les malentendus, les réconciliations. Un jour, il note pour elle des impressions de voyage (Lettre) ; Un autre jour, il lui écrit qu’il a rêvé d’elle (billet du Matin).

Livre III : Les Luttes et les rêves : C’est le livre de la pitié. Dans « Melancholia », Hugo donne quelques exemples navrants de la misère dans les sociétés modernes.

Ailleurs il plaint le sort d’un pauvre maître d’études, flétrit les persécutions infligées aux hommes de bien, dénonce la guerre et la tyrannie comme des fléaux (la somme, la statue) ou la peine de mort comme un scandale (La Nature) ; il s’élève à des vues philosophiques, explique le mal comme une épreuve (Explication), décrit le châtiment des maudits (Saturne) et glorifie ceux dont de génie déchiffre l’énigme universelle (Magnitudo Parvi).

Livre IV : Pauca meae : (Quelques vers pour ma fille). – C’est le livre du deuil. Hugo médite sur le coup qui l’a frappé. Tantôt il se révolte contre la cruauté du destin (trois ans après), tantôt il s’attendrit au souvenir du passé (Elle avait pris ce pli), tantôt il se soumet à la volonté divine (A Villequier).

Désormais, il associe à la pensée de la mort un espoir d’au-delà (Mors).

Livre V : En marche : C’est le livre de l’énergie retrouvée. Le poète expatrié s’arrache à ses tristesses et va chercher de nouvelles raisons de vivre dans la méditation.

(Ecrit en 1846), à des impressions de promenade (Pasteurs et troupeaux) et même à un souvenir d’enfance (Aux Feuillantines) se mêlent des poèmes plus généraux sur la Nature et sur la condition humaine (Mugitusque boum, Paroles sur la Dune).

Livre VI : Au bord de l’Infini… C’est le livre des Certitudes. Il est peuplé de spectres, d’Anges, d’esprits, qui apportent au poète les révélations attendues.

Les messages recueillis sont parfois contradictoires : des poèmes d’angoisse (Hovior, Pleurs dans la Nuit) voisinent avec des poèmes d’espérance (Spes, Cadaver) ; mais l’espérance finit par l’emporter. Le livre s’ouvrait sur deux poèmes qui montraient une route à parcourir (Le Pont, Ibo) ; il s’achève par les prophètes rassurants, de la Bouche d’ Ombre, qui au terme du voyage, annonce l’échec final des puissances criminelles et l’avènement de l’universel pardon.

Etude thématique

Hugo, considérait Les contemplations comme son « œuvre de poésie la plus complète ». Ce recueil est bien le couronnement de son lyrisme. Jamais le poète n’a réuni dans un même ouvrage une matière aussi diverse ; jamais non plus il n’a traité avec une telle ampleur les thèmes qu’il abordait. Y sont présents, les thèmes de l’amour, de la douleur, de la mort, du destin, de l’engagement, entre autres.

 La Poésie de L’enfance.

Hugo célèbre la grâce enfantine. Il songe à ses premières années et conte comment il découvrit la Bible dans le grenier des Feuillantines ; il dit la joie qu’il éprouve à causer avec de petits enfants et à éveiller leur curiosité pour le monde ; il évoque sa fille disparue, s’étonne de la sentir à la fois si proche et si lointaine ; et, dans ses rêves, le charme de l’adolescente se nuance de la mélancolie du souvenir. L’enfance chez Hugo est synonyme de pureté, d’innocence, d’amour et de joie. C’est ce que l’on retrouvera dans la plupart des poèmes du livre I tels que « A propos d’Horace », « Vieille chanson du jeune temps ».

 La Poésie de l’amour.

Hugo chante les plaisirs, les épreuves, les extases de l’amour. Il décrit parfois l’éveil ou la joie des sens ; dans des pièces plus graves, il se persuade que l’amour est la grande leçon de la nature. « Tout conjugue le verbe « aimer » ; écouter cette leçon, c’est répondre au dessein de Dieu. Ainsi s’épande un mysticisme sentimental dont les accents se confondent parfois avec ceux du mysticisme religieux. Dans les contemplations, il s’agit tantôt des amours de jeunesse : « Lise », tantôt il y traitre de l’amour pour sa fille Léopoldine : « Elle avait pris ce pli… »

L’amour est décrit dans le recueil comme la source du bonheur et quand le poète ne peux plus aimer, Il se sent « seul, triste, inconnu » : « O ma fille j’aspire à l’ombre où tu reposes, /Puisque mon cœur est mort… » in « Veni, vidi, vixi »

 La Poésie de la douleur.

Après l’accident tragique de Villequier, Hugo exhale sa souffrance. Un autre homme nous parle désormais, plus mûr, digne des plus grandes plaintes comme du plus grand respect. Dans la préface déjà, Hugo disait : « La joie, cette fleur rapide de la jeunesse, s’effeuille page à page dans le tome premier, qui est l’espérance, et disparait dans le tome second, qui est le deuil. Quel deuil ? Le vrai, l’unique : la mort ; la perte des êtres chers ».

On peut dire donc que tous ces qualificatifs en d- comme le désespoir, la douleur, la détresse, le deuil…sont la conséquence de la Mort.

 La Poésie de L’engagement

La méditation de la douleur et le spectacle des misères universelles acheminent le poète de la confession lyrique à la réflexion métaphysique, Hugo veut aller au-delà de son désespoir, il veut le vaincre. D’ailleurs, cet homme ne s’enferme pas égoïstement dans son chagrin ; il dénonce les vices de la société moderne. Dans « Melancholia », le poète met à nu tous les travers de la société française où les pauvres subissent toutes sortes d’injustices. Le romantisme social de Hugo apparait aussi dans le poème le « Mendiant » où l’hospitalité envers l’étranger et l’indigent est décrété comme un devoir humain.

Dans « Réponse à un acte d’accusation », il s’est de son engagement sur le plan esthétique. Hugo y défend l’art romantique en opposition avec le Classicisme. Pour lui, l’esthétique classique est vieillie (« j’ai mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire ») et la poésie doit évoluer vers la liberté de l’écriture et de l’expression.

Sens et Portée des Contemplations

Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon

rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C’est l’existence humaine sortant de l’énigme du berceau et aboutissant à l’énigme du cercueil ; c’est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l’amour, l’illusion, le combat, le désespoir, et qui s’arrête éperdu « au bord de l’infini ». Cela commence par un sourire, continue par un sanglot, et finit par un bruit du clairon de l’abîme ». C’est en ces termes que Hugo expliquera le sens profond de son recueil. Il s’agit pour ainsi dire d’une réelle autobiographie poétique qui décrit un homme dans ses joies comme dans ses peines, dans ses victoires comme dans ses défaites…

Sur le plan philosophique, Les contemplations sont comme un accès poétique à la connaissance. Observer, sonder le cœur des êtres dans la nature ou dans la société ne permet encore que d’aborder le problème de l’essence. La percée de l’Etre exige du voyant une ascèse, un renoncement à soi dans le monde, une cécité, une mort. Alors seulement l’œil mortel se confond avec le principe créateur dont il est devenu le reflet. A ce propos Hugo dira dans « A un poète aveugle » : « Le poëte des sens perce la triste brume ; /L’aveugle voit dans l’ombre un monde de clarté. /Quand l’œil du corps s’éteint, l’œil de l’esprit s’allume ».
Conclusion

Nous avons pu découvrir que cette œuvre garde un intérêt toujours renaissant pour les études littéraires. En plus, au-delà de la vie d’Hugo qui est racontée dans cette œuvre, c’est l’humanité toute entière qui s’identifie aux thèmes évoqués démontrant ainsi la portée humaine et sociologique de la pensée hugolienne. C’est pourquoi cette œuvre même si elle date du XIXe siècle et même si elle appartient à une autre culture, la vigueur de la pensée intellectuelle qui y est développée ne faiblit pas et les poèmes sont de plus en plus connus par nos élèves.

Il s’y ajoute que ce recueil de poèmes d’Hugo a eu un impact dans le lyrisme romantique du XIXe siècle. La pensée d’Hugo a suscité des critiques dans les milieux lettrés. Ce qui fait surtout l’originalité de la méthode romantique au XIXe siècle c’est l’implication très forte de l’auteur dans ses textes. Cette grande innovation sera à l’origine de la création de d’autres courants littéraires.

Etude de textes

A celle qui est restée en France (extrait) Autrefois, quand septembre en larmes revenait, Je partais, je quittais tout ce qui me connaît,

Je m’évadais ; Paris s’effaçait ; rien, personne ! J’allais, je n’étais plus qu’une ombre qui frissonne, Je fuyais, seul, sans voir, sans penser, sans parler, Sachant bien que j’irais où je devais aller ;

Hélas ! je n’aurais pu même dire : Je souffre ! Et, comme subissant l’attraction d’un gouffre,

Que le chemin fût beau, pluvieux, froid, mauvais, J’ignorais, je marchais devant moi, j’arrivais.
Ô souvenirs ! ô forme horrible des collines !
Et, pendant que la mère et la sœur, orphelines,

Pleuraient dans la maison, je cherchais le lieu noir Avec l’avidité morne du désespoir ;

Puis j’allais au champ triste à côté de l’église ; Tête nue, à pas lents, les cheveux dans la bise,
L’œil aux cieux, j’approchais ; l’accablement soutient ;

Les arbres murmuraient : C’est le père qui vient ! Les ronces écartaient leurs branches desséchées ; Je marchais à travers les humbles croix penchées, Disant je ne sais quels doux et funèbres mots ; Et je m’agenouillais au milieu des rameaux

Sur la pierre qu’on voit blanche dans la verdure. Pourquoi donc dormais-tu d’une façon si dure Que tu n’entendais pas lorsque je t’appelais ? Et les pêcheurs passaient en traînant leurs filets,

Et disaient : Qu’est-ce donc que cet homme qui songe ? Et le jour, et le soir, et l’ombre qui s’allonge,

Et Vénus, qui pour moi jadis étincela, Tout avait disparu que j’étais encor là. J’étais là, suppliant celui qui nous exauce ; J’adorais, je laissais tomber sur cette fosse, Hélas ! où j’avais vu s’évanouir mes cieux,
Tout mon cœur goutte à goutte en pleurs silencieux ;

J’effeuillais de la sauge et de la clématite ; Je me la rappelais quand elle était petite,

Quand elle m’apportait des lys et des jasmins, Ou quand elle prenait ma plume dans ses mains, Gaie, et riant d’avoir de l’encre à ses doigts roses ; Je respirais les fleurs sur cette cendre écloses,

Je fixais mon regard sur ces froids gazons verts, Et par moments, ô Dieu, je voyais, à travers
La pierre du tombeau, comme une lueur d’âme !
Victor Hugo, Les contemplations, Librairie Générale Française, 2002 pp 536-538

Dolorosæ

Mère, voilà douze ans que notre fille est morte ; Et depuis, moi le père et vous la femme forte,

Nous n’avons pas été, Dieu le sait, un seul jour Sans parfumer son nom de prière et d’amour.

Nous avons pris la sombre et charmante habitude De voir son ombre vivre en notre solitude,
De la sentir passer et de l’entendre errer,

Et nous sommes restés à genoux à pleurer. Nous avons persisté dans cette douleur douce,
Et nous vivons penchés sur ce cher nid de mousse

Emporté dans l’orage avec les deux oiseaux. Mère, nous n’avons pas plié, quoique roseaux,

Ni perdu la bonté vis-à-vis l’un de l’autre, Ni demandé la fin de mon deuil et du vôtre
À cette lâcheté qu’on appelle l’oubli.
Oui, depuis ce jour triste où pour nous ont pâli
Les cieux, les champs, les fleurs, l’étoile, l’aube pure,

Et toutes les splendeurs de la sombre nature, Avec les trois enfants qui nous restent, trésor
De courage et d’amour que Dieu nous laisse encor,
Nous avons essuyé des fortunes diverses,
Ce qu’on nomme malheur, adversité, traverses,

Sans trembler, sans fléchir, sans haïr les écueils, Donnant aux deuils du cœur, à l’absence, aux cercueils,
Aux souffrances dont saigne ou l’âme ou la famille,

Aux êtres chers enfuis ou morts, à notre fille, Aux vieux parents repris par un monde meilleur, Nos pleurs, et le sourire à toute autre douleur. Marine-Terrace, août 1855.

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